Un jour, tu me parles de cette opération de l'appendicite que tu feras la semaine prochaine.
La semaine est passée. Nous sommes le 9 avril, tu n'es pas là et je m'ennuie sans toi.
Le lendemain, c'est comme si la journée passée était une éternité, j'ai envie de te voir, tu me manques. Nous sommes donc le 10 avril, c'est bientôt la fin de la journée.
Je suis en cours d'histoire, toute seule au fond de la classe lorsque le proviseur débarque.
Il prend un air solennel et nous parle de toi : mais pourquoi ??
Arrivé à la fin de son discours, je hurle et les larmes coulent le long de mes joues...
Les médecins ont découvert qu'une tumeur se formait dans ton cerveau, ils ont donc décidé de te l'enlevée. Tu n'as pas survécu à l'opération.
J'ai pleuré durant toutes les semaines qui suivirent.
Lors de ton enterrement, j'ai été appelée à te rendre hommage. Alors je montais près de l'hôtel, et je me mis à parler de toi.
Lorsque je baissa la tête, tu étais là, juste à côté de moi, allongée dans ton lit éternel.
Les mains jointes sur ton ventre, tu priais comme tu savais si bien le faire.
Durant les mois qui suivirent je dormais avec la même posture que tu tenais lors de l'enterrement.
Aujourd'hui j'ai 16 ans et je pense toujours à toi chaque jour. Je me rappelle ton visage et des derniers mots que tu m'as dis : « A demain », depuis ce jour j'attends toujours ce « demain » où je te reverrais enfin. Mais j'attendrais et je sais que de là-haut tu me regardes vivre ma vie, un sourire au coin des lèvres.

